Quelques chiffres de l’année 2012 fournis par l’Arjel… et quelques fautes

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Notre sainte Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a publié hier, lundi 14 janvier 2013, le bilan 2012 du marché français des jeux en ligne. Des chiffres, encore des chiffres et toujours des chiffres. Comme vous pouvez l’imaginer, je vais me concentrer sur les statistiques qui concernent notre secteur : le marché du poker online, ou, comme on le dit à l’Arjel, le secteur des jeux de cercle en ligne.

Étant un piètre journaliste (et donc un assez mauvais analyste), je vais me contenter de prendre le rapport dans l’ordre. Comme il vient.Paf! Vous pouvez d’ailleurs consulter ce document en cliquant sur ce lien. Si vous vous intéressez au secteur des paris sportifs ou des paris hippiques en ligne, je vous conseille forcément la lecture de ce bilan de… trois pages. C’est pas qu’on se contente de mettre des chiffres dans des petites cases, mais quand même.

Premier point : les opérateurs. On apprend donc qu’au cours de l’année 2012, deux agréments ont été délivrés par l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Ces deux licences ont été accordées à deux opérateurs de poker en ligne! L’ironie du sort, c’est que l’une de ces deux licences a également été abrogée : celle de Poker Leaders. Mais rassurez vous, au cours des 12 derniers mois, ce n’est pas seulement un agrément qui a été abrogé sur l’ensemble du marché des jeux en ligne… Non. Ce sont 17 agréments qui ont été abrogés! Et bim!

Bien évidemment, le secteur des jeux de cercle en ligne a été le plus touché avec neuf abrogations. Re-bim! Au 31 décembre 2012, on ne comptait plus que 16 agréments pour le poker en ligne. Au 31 décembre 2011 il y en avait 23 (mais ça vous l’aviez compris grâce à un savant calcul).

Au total, il reste 33 agréments (16 pour le poker, huit pour les paris hippiques et neuf pour les paris sportifs) et 22 opérateurs au 31 décembre 2012. Je pense très sincèrement que c’est encore trop pour le seul marché français et que pas mal d’agréments seront encore abrogés au cours de l’année 2013.

Pour l’Arjel (et pour n’importe quel autre bon observateur), ces chiffres confirment la tendance à la concentration du marché. Tendance initiée depuis 2011. La question que l’on peut maintenant se poser est la suivante : quand cette tendance s’arrêtera-t-elle? Jusqu’à combien d’opérateurs le marché descendra-t-il? Et surtout, que se passera-t-il après cette tendance? Des ajustements législatifs seront-ils enfin effectués? Quel avenir pour les survivants, pour ce club de happy few? Et d’ailleurs, y aura-t-il un avenir tout court, notamment pour le poker en ligne? Bon, il y a plus d’une question mais vous m’avez compris.

Second point : les données du marché. Commençons par quelques généralités… En 2012, 988.000.000 € ont été déposés sur les comptes joueurs. Ouais, ça fait beaucoup de millions, mais c’est toujours moins qu’en 2011 puisque cette année là, 1.060.000.000 € ont été déposés sur les comptes joueurs. La tendance est donc à la baisse malgré les compétitions internationales de l’année… Sans vouloir jouer les devins (et encore moins les pessimistes), je pense que cette tendance sera confirmée en 2013.

Parlons maintenant plus spécifiquement des jeux de cercle en ligne. L’Arjel nous dévoile donc quele nombre de comptes joueurs actifs a augmenté de 2% entre 2011 et 2012, passant de 1 686 000 à 1 713 000. Cette donnée est jolie mais sert-elle réellement à quelque chose, à part à nous dire que tous les jours en France des jeunes deviennent majeurs? L’augmentation n’est franchement pas nette, mais ça, on s’en doutait un peu…

Concernant les mises de cash-game et les droits d’entrée de tournois, les tendances des trois premiers trimestres de 2012 se confirment… Le cash-game dégringole et les tournois ont plus de succès.

Pour les mises de cash-game, l’Arjel a constaté une baisse de 5% (environ) entre 2011 et 2012, passant de 6.534.000.000 € à 6.182.000.000 €. Pour les droits d’entrée de tournois, l’Autorité de régulation des jeux en ligne a relevé une hausse de 21% (environ) entre 2011 et 2012, passant de 1.159.000.000 € à 1.397.000.000 €.

Tout cela se traduit finalement par une baisse du Produit Brut des Jeux (PBJ) de 5% entre 2011 et 2012, passant de 314.000.000 € à 297.000.000 €. Autre baisse constatée, celle des prélèvements obligatoires théoriquement dus par les opérateurs de poker en ligne au titre de leur activité en 2012. En gros, l’argent prélevé qui est destiné à la Sécurité Sociale, aux communes avec un casino, au Centre des musées nationaux ou encore au budget général… L’Arjel constateune baisse des contributions de l’ordre de 6.000.000 €. Pour faire simple, le poker en ligne a généré moins d’argent pour l’État en 2012 par rapport à 2011.

Si cela vous intéresse, les données du quatrième trimestre 2012 sont également disponibles… On constate que les mises de cash-game n’ont diminué que de 3% par rapport au quatrième trimestre 2011. Pourquoi « que de »? Tout simplement parce qu’il s’agit de la plus faible baisse de l’année 2012. Est-ce que cela peut vouloir dire quelque chose? Pas sûr… On peut cependant remarquer ceci…

Ce quatrième trimestre 2012 met fin à une baisse constante des mises de cash-game constatée depuis le quatrième trimestre 2011. Je m’explique… Les mises du cash-game du troisième trimestre (T3) 2011 s’élevaient à 1.949 millions d’euros. Après ce trimestre, ce chiffre n’a cessé de diminer :

T4 (quatrième trimestre) 2011 : 1.869 millions d’euros
T1 2012 : 1.698 millions d’euros

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